L'Iwami kagura à Hamada, la mythologie shinto rejouée chaque samedi
Des masques en papier, des serpents de dix-sept mètres et des costumes qui coûtent plusieurs milliers d'euros, dans un sanctuaire de la préfecture de Shimane.
L'Iwami kagura est une danse traditionnelle tirée de la mythologie shinto, connue pour ses costumes et ses masques élaborés, sa musique et ses danses rythmées. À Hamada, on peut y assister chaque samedi soir, dans un sanctuaire.
Un art vivant, pas une reconstitution
Dans la région d'Iwami, au sud-ouest de la préfecture de Shimane, environ 150 troupes de kagura donnent des représentations. Rien que dans la ville de Hamada, elles sont une cinquantaine.
À l'origine, le kagura est un rite exécuté par les prêtres shinto, une offrande à la divinité Omoto no kami. Quand le gouvernement de Meiji a interdit aux prêtres de danser, la pratique est passée aux mains des habitants, et c'est là qu'elle est devenue le spectacle qu'on voit aujourd'hui. Elle est perpétuée depuis, de génération en génération.
Sur scène, des effets ramènent les légendes en vie : de la fumée, des gerbes d'étincelles. Le public va de l'enfant au grand-parent, et tout le monde regarde la même chose en même temps.
Les serpents de dix-sept mètres
C'est la pièce que tout le monde vient voir. Dans Orochi, le dieu Susanoo affronte un serpent géant à huit têtes, et chaque tête est un danseur.
Le corps du serpent, appelé jadō, est entièrement fait main, en bambou et en papier japonais washi, et mesure près de dix-sept mètres de long. Il a été mis au point à Hamada par un artisan qui s'est inspiré de la structure des lanternes en papier, ce qui explique qu'un objet de cette taille reste étonnamment léger et puisse se replier et se dérouler pendant la danse.
Les masques de papier
Les masques sont réalisés depuis la fin de l'époque Edo. Ils étaient à l'origine en bois, ce qui les rendait lourds et fragiles.
Aujourd'hui ils sont faits de plusieurs couches de papier washi de Sekishu, produit localement, collées les unes sur les autres. Une technique appelée dakkatsu permet d'obtenir des formes complexes, parfaitement adaptées aux mouvements rapides de la danse.
Ils servent aussi de talismans, pour éloigner les mauvais esprits et attirer la prospérité.
Les costumes
Les costumes sont cousus et brodés à la main, de façon extrêmement minutieuse. Chaque pièce est unique, demande plusieurs mois de travail, et coûte plusieurs milliers d'euros.
Assister à une représentation
La ville de Hamada propose une représentation au sanctuaire Sannomiya, tous les samedis soir, de 20h00 à 21h00.
Sur place, il y a environ cent places. L'achat se fait avant la représentation. Il est conseillé d'arriver avant 19h30 afin d'assurer une place. La réservation en ligne est prioritaire : si les cent places sont prises, l'entrée est refusée.
À la fin de la représentation, il est possible de prendre des photos avec les costumes.
Comment se rendre à Hamada
Hamada est sur la côte de la mer du Japon, à l'écart des grands axes. Il n'y a pas de shinkansen : on passe par Hiroshima, puis par la route.
Comme la représentation se termine à 21h00, mieux vaut dormir sur place plutôt que d'espérer un dernier bus.
Envie de voir où aller ailleurs au Japon ?
Voir tous les articles