Le musée de la Bombe atomique de Nagasaki

Un lieu que l'on ne visite pas comme un autre. Le récit du 9 août 1945, ce que présente le musée, les lieux de recueillement tout autour, et les informations pratiques pour préparer votre venue.

📍 Nagasaki · Kyushu 📅 Visité en juillet 2026 5 min de lecture 🕊 Lieu de mémoire
Guirlandes de mille grues en papier multicolores, symbole de paix, suspendues à Nagasaki
Les mille grues en papier, symbole de paix devenu indissociable de Nagasaki.

Le 9 août 1945, à 11h02 du matin, une bombe nucléaire explose à Nagasaki. La ville est réduite à une terre irradiée. Le musée de la Bombe atomique permet d'en apprendre davantage sur cet évènement tragique, à travers des témoignages et des pièces d'époque, dans une ville où une grande partie des habitants ont perdu la vie.

Ouvert depuis 1996, le musée raconte la tragédie de la bombe atomique et souhaite transmettre au monde un vœu de paix, pour que le plus grand nombre prenne conscience de la réalité d'un bombardement atomique et de ce qui s'est passé ce jour-là. Le message est clair et assumé, jusque dans sa formule : faire en sorte que Nagasaki soit la dernière ville irradiée.

On y trouve des documents, des objets, des reconstitutions et, bien sûr, des explications détaillées sur le déroulé des faits.

Pourquoi Nagasaki ?

Nagasaki n'était pas la cible initiale. La ville de Kokura devait être bombardée en premier. Une couverture nuageuse trop dense au-dessus de la ville a contraint l'équipage à se rabattre sur son objectif secondaire : Nagasaki.

Le jeudi 9 août 1945, 11h02

Le drame a eu lieu le jeudi 9 août 1945, à 11h02 du matin. Une horloge a d'ailleurs été retrouvée, son cadran figé à cette heure exacte, dans une maison proche du sanctuaire shinto Sanno, dans le quartier de Sakamotocho, à environ 800 mètres au sud-est du point d'impact.

Le bombardier Bockscar de l'armée américaine, qui transporte la bombe atomique surnommée « Fat Man », vole à 9000 mètres d'altitude et largue la bombe au plutonium, qui explose à 500 mètres du sol. L'énergie de l'explosion aspire tout autour d'elle, puis recrache le tout en un tourbillon qui se transforme en « champignon nucléaire ».

Photographie d'archive du champignon atomique au-dessus de Nagasaki, exposée au musée, avec sa légende : « On August 9, 1945, the U.S.A. dropped the second atomic bomb on Nagasaki »
Le champignon atomique au-dessus de la ville, le 9 août 1945, tel que présenté dans le musée.

À l'intérieur du musée

Le musée se visite dans un grand bâtiment lumineux, coiffé d'une vaste verrière. Le contraste est saisissant entre la douceur du lieu et la gravité de ce qu'il donne à voir.

Grande verrière triangulée du musée de la Bombe atomique de Nagasaki, laissant entrer le ciel bleu
La verrière du musée, qui laisse entrer la lumière du jour.

Parmi les pièces marquantes, une reconstitution grandeur nature de « Fat Man », la bombe au plutonium larguée sur la ville. L'objet, imposant, met une réalité concrète sur ce que les mots peinent à faire mesurer.

Reconstitution grandeur nature de la bombe atomique « Fat Man » exposée au musée de Nagasaki
La reconstitution grandeur nature de « Fat Man ».

Le musée montre volontairement la réalité de la bombe : des photographies de corps sans vie, des visages et des corps marqués par l'explosion, qui n'a épargné personne. La bombe a aussi provoqué des radiations dévastatrices et des rayonnements thermiques à l'origine de nombreux incendies. 12 900 maisons ont brûlé et été détruites, 5509 autres ont été très abîmées : environ un tiers des habitations de Nagasaki ont entièrement brûlé.

Les radiations issues de la fission nucléaire ont eu des répercussions à long terme sur les survivants. Invisibles à l'œil nu, elles détruisent les cellules du corps. Les conséquences, parfois apparues des années plus tard, vont des diarrhées et de la perte de cheveux aux cataractes et aux cancers de l'estomac et de l'intestin. À la fin décembre 1945, on estimait à 73 884 le nombre de morts et à 74 909 celui des blessés.

Photographie d'archive en noir et blanc présentée dans le musée de Nagasaki
Le parcours s'appuie aussi sur de nombreux documents d'archives de l'époque.

Chaque année, le 9 août à 11h02, une cérémonie de commémoration est organisée dans la ville pour honorer la mémoire des victimes.

Autour du musée : les lieux de mémoire

La visite se prolonge naturellement dans le quartier. Tout près, à ne pas manquer : le Mémorial national de la paix pour les victimes de la bombe atomique de Nagasaki et le Centre de la Paix. Juste à côté se trouve le Parc de l'Hypocentre, qui marque l'endroit précis où la bombe a explosé.

À quelques minutes à pied, la cathédrale d'Urakami conserve aujourd'hui des vestiges de l'époque, comme des statues détruites par le souffle.

Vestiges en brique de la cathédrale d'Urakami à Nagasaki, surmontés de statues, sous un ciel bleu
Les vestiges de brique de la cathédrale d'Urakami.
Arche de pierre rescapée de la cathédrale d'Urakami, adossée à un pan de mur en brique
Une arche rescapée, laissée en l'état comme trace de l'histoire.

Un peu plus loin, dans le Parc de la Paix, se dresse la Statue de la Paix, symbole de Nagasaki et l'un des lieux les plus photographiés de la ville, très impressionnante par son envergure. Partout, les guirlandes de mille grues en papier rappellent les vœux de paix déposés par des visiteurs du monde entier.

Guirlandes de mille grues en papier colorées suspendues le long d'un mémorial à Nagasaki
Les mille grues, déposées par milliers le long des mémoriaux.

Mot de la fin

Se souvenir, pour que Nagasaki reste la dernière

On ne ressort pas indemne de ce musée, et c'est tout son sens. Il ne cherche pas à choquer pour choquer : il montre, avec des faits, des objets et des visages, ce qu'aucun mot ne rend vraiment. On en sort en silence, un peu plus conscient.

C'est peut-être là l'essentiel d'une visite à Nagasaki : prendre le temps du recueillement, puis regarder les mille grues de papier et le vœu qu'elles portent, celui d'un monde où plus aucune ville n'aurait à connaître cela.

Vœux de paix écrits à la main sur des papiers en forme de fleurs, dont l'un porte la mention « PEACE AND NO WAR »
Des vœux de paix laissés par les visiteurs : « Peace and no war ».

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